Solutions naturelles pour les maux de la grossesse

Le temps de la grossesse s’accompagne parfois de son lot de désagréments. Des classiques nausées de début de grossesse à l’œdème en passant par la constipation, la fatigue, les douleurs lombaires et les insomnies, ils viennent parfois faire de l’ombre au tableau d’une attente sereine et active. Heureusement, la nature ne manque pas de ressources pour nous venir en aide.
Certaines plantes sont particulièrement intéressantes pour accompagner la grossesse.
C’est le cas du framboisier, qui tonifie le socle pelvien et l’utérus. C’est pourquoi il est conseillé de boire régulièrement des infusions de feuilles de framboisier tout au long de la grossesse afin de renforcer les muscles utérins, puis d’en augmenter la consommation dix semaines avant l’accouchement en passant à deux tasses par jour (avec une cuillère à café de feuilles de framboisier par tasse).
Consommé dès le début de la grossesse, il réduit les risques de fausse couche mais également d’hémorragie du post-partum. En outre, il favorise le travail de l’utérus au cours des contractions. L’ortie fait elle aussi partie des incontournables. Consommée sous forme d’infusion en alternance avec le framboisier tout au long de la grossesse, elle contribue au bon fonctionnement des reins. Très riche en calcium, elle permet de réduire les douleurs pendant et après l’accouchement, de même qu’elle atténue les crampes et les hémorroïdes. Sa richesse en vitamine K lui confère également une action préventive contre les hémorragies du post-partum.

Les nausées

Fréquentes pendant les trois premiers mois de la grossesse, les nausées sont d’intensité variable et peuvent aller jusqu’aux vomissements. Elles seraient dues en partie à l’augmentation d’HCG (hormone gonadotrophine chorionique) produite dès la nidation par le placenta et qui provoque des contractions de l’estomac. On évoque également un surcroît de travail du foie qui a davantage d’imprégnation hormonale à filtrer. Enfin, l’hypoglycémie aurait un effet sur l’apparition des nausées, en particulier le matin au réveil, alors que l’organisme n’a pas été alimenté depuis plusieurs heures.
Le gingembre, râpé en infusion, sous forme d’huile essentielle à respirer (sur la taie d’oreiller le soir pour éviter les nausées du matin) ou à appliquer en massages sur le plexus solaire associée avec de l’huile essentielle de camomille (une goutte de chaque dans deux gouttes d’huile végétale de noisette) se révèle un remède très efficace. Le jus de citron, que l’on peut d’ailleurs associer au gingembre râpé (dans un verre d’eau gazeuse, par exemple) a lui aussi un effet sur les nausées. L’huile essentielle de citron peut également être utilisée, à raison d’une goutte dans une cuillerée de miel, à laisser fondre sous la langue.
En homéopathie, on retiendra :

  • Ipeca pour soulager les nausées et les vomissements ;
  • Ignatia lorsqu’on aime davantage les mets qu’on n’apprécie pas d’habitude et qu’à l’inverse on rejette les plats que l’on préfère en temps normal ;
  • Tabacum lorsque les nausées sont soulagées si l’on sort prendre l’air. Le tout en 5 CH, à raison de trois granules trois fois par jour jusqu’à disparition des symptômes.

Enfin, si l’on considère la dimension psychologique pouvant intervenir dans l’apparition des nausées, les fleurs de Bach peuvent également se révéler utiles :

  • Mimulus pour la peur de la vie future, du changement, des transformations physiques;
  • Cerato pour retrouver confiance en soi ;
  • Walnut pour aider dans une période de transition au déroulement harmonieux.

Constipation et brûlures d’estomac

La progestérone, hormone dont le taux est en augmentation dès le début de la grossesse, a tendance à « ramollir » les fibres musculaires, y compris celles qui jouent un rôle dans le transit intestinal, d’où une paresse digestive généralisée qui se manifeste souvent par la constipation et peut s’accompagner de ballonnements.
En infusion, les fleurs de mauve, les racines de pissenlit et les feuilles de verveine ont un effet bénéfique. L’huile essentielle de gingembre (trois gouttes additionnées de trois gouttes d’huile végétale de noisette) peut s’appliquer en massages sur le bas du dos et le ventre matin et soir. À partir du quatrième mois de grossesse, elle peut se prendre par voie perlinguale, dans une cuillerée de miel, par exemple. En homéopathie, on pourra prendre Alumina en 5 CH (trois granules trois fois par jour).
La digestion étant ralentie pendant la grossesse, elle provoque une accumulation de sucs gastriques qui s’accompagnent parfois de reflux vers l’œsophage. L’argile est un bon remède : le soir, on verse une cuillère à café de poudre d’argile verte dans un verre que l’on remplit d’eau. Le lendemain matin, à jeun, on boit l’eau argileuse, sans avoir remué le contenu du verre donc sans consommer l’argile restée au fond. On peut également prendre une cuillère à soupe d’huile d’olive le matin à jeun.
En homéopathie, ce sera Argentum nitricum en 5 CH (trois granules trois fois par jour). Du côté des huiles essentielles, on peut appliquer un mélange de basilic et de camomille (une goutte de chaque) sur le plexus solaire et le long de l’œsophage. À partir du quatrième mois de grossesse, il est possible de prendre une goutte d’huile essentielle de camomille (à laisser fondre sous la langue avec un peu de miel) qu’on alternera, en cas de brûlures vraiment intenses, avec deux gouttes d’huile essentielle de basilic, toujours par voie perlinguale, sans dépasser un ou deux jours de traitement pour cette dernière indication.

Fatigue, changements d’humeur et insomnies

Entre les bouleversements hormonaux, physiques et émotionnels qu’elle traverse, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’une femme enceinte éprouve de la fatigue, ait un sommeil perturbé et soit d’humeur changeante.
La sarriette et le romarin en infusion seront un précieux soutien dans les moments de lassitude. On peut également appliquer dans le bas du dos deux fois par jour (de préférence le matin et à midi) deux gouttes d’huile essentielle d’épinette noire pendant dix jours (à renouveler si nécessaire lorsque le besoin s’en fait sentir).
En cas d’insomnie ou de sommeil fractionné, le tilleul, l’aubépine, la camomille, la mélisse et l’oranger seront utiles en infusion. En homéopathie, on peut avoir recours à Nux vomica en 5 CH (trois granules trois fois par jour). L’huile essentielle de lavande vraie, à diffuser pendant quinze minutes dans la chambre à l’heure du coucher ou à verser (quelques gouttes) directement sur l’oreiller, procure détente et favorise le sommeil. On peut aussi respirer le contenu d’un flacon ouvert d’huile essentielle de camomille noble (quatre ou cinq respirations, lumière éteinte, juste avant de s’endormir). Comme pour l’huile essentielle de lavande, on peut en verser quelques gouttes sur l’oreiller. L’huile essentielle de marjolaine est quant à elle recommandée en application (deux gouttes) sur le plexus solaire, la face interne des poignets et la voûte plantaire au moment du coucher. Ou, mieux encore, si l’on dispose d’un compagnon et d’un peu de temps, on peut se faire masser la colonne vertébrale pendant quinze minutes avec un mélange d’huile essentielle de marjolaine (une goutte), d’huile essentielle de lavande vraie (une goutte), d’huile essentielle d’ylang-ylang (une goutte) et d’huile végétale de noisette (dix gouttes).
Enfin, du côté des fleurs de Bach, citons :

  • Olive : pour celles qui se sentent épuisées et au bout du rouleau, aide à retrouver son énergie ;
  • Elm : pour celles qui se sentent accablées et dépassées par l’ampleur de la tâche, aide à retrouver confiance en soi et en ses capacités ;
  • Hornbeam : pour celles qui éprouvent de la lassitude face aux tâches quotidiennes, qui ont du mal à démarrer, aide à retrouver son dynamisme.

Lombalgies

La prise de poids, le déséquilibre provoqué par le volume de l’utérus, de plus en plus important au fil des semaines, et le relâchement des muscles abdominaux provoquent souvent des lombalgies et des tensions musculaires. La prêle, de par son effet reminéralisant, peut être consommée en infusion. En homéopathie, on peut prendre Arnica en 9 CH, trois granules trois fois par jour. Mais le must demeure bien sûr le massage, si possible effectué par un tiers (à défaut on peut pratiquer l’automassage, au moins des lombaires).
Pour ce faire, on peut utiliser le mélange d’huiles essentielles suivant : lavande vraie (dix gouttes), laurier noble (dix gouttes), camomille (dix gouttes), eucalyptus citronné (dix gouttes), le tout dans une cuillère à soupe de macérât d’arnica.

Œdème et rétention d’eau

Jambes lourdes, enflées, mains qui gonflent : la rétention d’eau, souvent accompagnée d’oedème, parfois de varices, est un classique du troisième trimestre de la grossesse. Réduire sa consommation de sel et de sucre et veiller à avoir une activité physique régulière peut s’accompagner de quelques remèdes. On peut de nouveau avoir recours à l’huile essentielle de citron, à raison d’une goutte dans une cuillerée de miel à laisser fondre sous la langue. Là aussi, l’infusion de feuilles d’ortie se révèle efficace car elle améliore l’élasticité des veines. Les infusions de vigne rouge et d’hamamélis sont également conseillées. En homéopathie, Arnica et Hamamélis en 5 CH, à raison de trois granules trois fois par jour, peuvent également soulager.
Enfin, quelles que soient les difficultés rencontrées pendant ces neuf mois, il faut garder à l’esprit que le plus important est d’être à l’écoute des messages que nous envoie notre corps, particulièrement au cours de cette période de changements, d’adaptations physiques et de bouleversements émotionnels.

Pour aller plus loin :
Comment mieux vivre sa grossesse, Carole Prost, Éditions Dangles (2013).
Le trèfle de vie, Recueil de plantes médicinales au fil de la grossesse, Susun S. Weed, Éditions Mamamélis (2e édition 2004).
Se soigner avec les huiles essentielles pendant la grossesse, Danièle Festy, Éditions Leduc.S (2011).

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